Volontariat international et réduction de la pauvreté

D’autres ont considéré les volontaires internationaux comme une source sous-reconnue mais essentielle pour soutenir la réduction de la pauvreté et la prestation de services dans les pays à faible revenu. Dans un rapport de 2015, Voluntary Service Overseas (VSO) a découvert comment ils jouent un rôle important pour « combler le fossé ». Non seulement ils augmentent le nombre de ceux qui travaillent, mais ils apportent également leurs propres expériences à la main-d’œuvre, aidant à garantir que les services sont pertinents pour ceux qui les utilisent.

Au Mozambique, entre 2004 et 2008, le nombre de ceux qui prodiguent des soins à domicile aux malades du SIDA est passé de 17 170 à 99 122 grâce aux volontaires internationaux.

Au Lesotho en 2015, des volontaires internationaux ont eu pour tâche de concevoir et de mettre en œuvre des programmes de formation pour plus de 400 jeunes leaders dans le cadre d’une initiative gérée par des volontaires. En utilisant les médias sociaux, les volontaires ont pu enseigner aux jeunes leaders comment créer leurs propres plateformes et s’engager avec d’autres jeunes, créant ainsi une méthode durable de réduction de la pauvreté.

Au Burkina Faso, un partenariat entre le Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), les Volontaires des Nations Unies et France Volontaires a eu des résultats formidables. Ils ont mis en place des programmes destinés à cibler l’employabilité des jeunes au début des années 2010. Ils ont mobilisé plus de 13 000 jeunes volontaires qui ont acquis de nombreuses nouvelles compétences telles que la manière d’accéder aux informations sur les questions de genre et d’apprendre sur la compétitivité du marché du travail. Dans l’ensemble, le programme a permis à 66 % des jeunes d’obtenir des « emplois décemment rémunérés » par la suite.

Inconvénients du volontariat international

Bien que le volontariat international ait un impact fructueux sur la réduction de la pauvreté dans les pays à faible revenu et en développement, il a également fait l’objet de nombreuses critiques. L’aspect peut-être le plus condamné du volontariat à l’étranger est l’idée de « voler » les perspectives d’emploi locales. Plutôt que de donner la priorité aux besoins locaux, les organisations investissent de l’argent, des efforts et de l’énergie dans des programmes de volontariat international où les expériences et les activités du volontaire sont souvent plus importantes pour certains. De plus, les volontaires ont tendance à être jeunes et inexpérimentés, et peuvent donc entraver la réduction de la pauvreté. Shannon O’Donnell, l’auteur du Volunteer Traveller’s Handbook, a déclaré qu' »il ne fait aucun doute que les programmes de bénévolat déplacent les emplois des locaux vers une main-d’œuvre potentiellement moins qualifiée ».

Un autre inconvénient majeur est la durée des projets bénévoles. Bien que de nombreuses organisations proposent et promeuvent des projets à long terme, la plupart d’entre eux sont à court terme. Ceci est principalement basé sur la capacité du volontaire et le temps disponible pour s’engager dans un projet. Comme la critique ci-dessus, ces projets deviennent « centrés sur le bénévolat », créant une gamme de stages à court terme qui permettent un flux constant de nouveaux bénévoles. Cela signifie que les organisations mettent plus d’efforts à les former plutôt qu’à soutenir réellement les initiatives de réduction de la pauvreté.

Une critique interdépendante porte sur les projets de volontariat international qui se concentrent sur la réduction de la pauvreté des enfants. Pendant leur temps, les bénévoles établissent des liens et des relations profondes avec les enfants. Ils peuvent le faire en soutenant leur éducation dans les écoles par le biais de cours ou d’activités parascolaires, d’événements communautaires ou même en aidant dans des orphelinats, ce qui prouve à quel point l’existence de bénévoles est bénéfique à plusieurs niveaux. Par conséquent, le départ de ces bénévoles à la fin de leurs projets peut entraîner des conséquences psychologiques et émotionnelles pour les enfants. Stephanie Halksworth de ReSet a expliqué comment ces conséquences incluent un « sentiment d’abandon, d’invalidation et de stagnation ».

Volontariat éthique : l’avenir de la réduction de la pauvreté

Les inconvénients du volontariat international mentionnés ci-dessus remettent en question son éthique et la manière dont celle-ci peut être biaisée en faveur du volontaire. Une nouvelle forme de volontariat qualifiée de volontariat éthique est apparue en 2016 pour répondre à ces préoccupations. Le volontariat éthique garantit que les volontaires ne le font pas seulement pour eux-mêmes, mais qu’ils apportent également leur aide de manière responsable et durable. Avec le soutien de l’ONU, ces activités sont pertinentes pour la réduction de la pauvreté et restent alignées sur cette cause.

Voici cinq idéaux associés au bénévolat éthique :

  • Avoir un impact durable
  • Contribuer au développement communautaire
  • Interagir avec l’environnement (y compris les animaux) de manière responsable
  • Développement personnel fondé sur l’éthique
  • Acquérir une perspective globale

Le volontariat international peut être une force positive pour soutenir les communautés et réduire la pauvreté. Quoi qu’il en soit, ses éléments de base ont reçu des critiques, ce qui laisse entrevoir la nécessité d’un changement au sein de la pratique. Le volontariat éthique surmonte ces considérations et représente l’avenir du volontariat international pour la réduction de la pauvreté.

– Harkiran Bharij
Photo : Flickr

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