Violence de genre et maltraitance domestique en Afghanistan

Violence de genre et maltraitance domestique en AfghanistanLa violence sexiste en Afghanistan a atteint des niveaux épidémiques. En raison d'un système de santé en état de crise, les victimes sont peu susceptibles de se manifester, et encore moins susceptibles de recevoir des soins pour des blessures subies à la suite d'abus à long terme. Heureusement, de nombreuses organisations s'efforcent de résoudre ce problème en Afghanistan.

Les faits sur la violence de genre en Afghanistan

Quatre-vingt-sept pour cent des femmes ont subi une forme de violence sexiste en Afghanistan et 62% ont subi les trois formes: psychologique, physique et sexuelle. Les victimes pauvres sont plus susceptibles de garder le silence parce qu'elles n'ont pas la capacité de parler à un professionnel de la santé. De plus, ils sont moins susceptibles d'être pris au sérieux. La violence physique à long terme peut entraîner des brûlures, des incapacités, des saignements internes et des troubles gastro-intestinaux, entre autres problèmes de santé physique et mentale. La violence sexuelle conduit aussi souvent à des MST et à des grossesses non désirées.

Une forme de violence sexiste souvent négligée en Afghanistan est le mariage des enfants, qui est extrêmement répandu malgré les multiples lois en place pour l'empêcher. Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) estime qu'une fille sur cinq sera forcée de se marier à l'âge de 18 ans, et que 5% seront forcées de se marier à 15 ans. , ce qui met souvent la vie de la victime en danger et empêche toute possibilité de croissance ou d'éducation. Le mariage des enfants est né de la pauvreté parce que les familles pauvres marieront leurs filles en échange d'argent ou de la chance que les filles épousent une personne suffisamment stable financièrement pour subvenir à leurs besoins. Cette pratique déshumanise les jeunes filles et leur refuse effectivement les droits humains.

Lutter contre la violence domestique

L'Organisation mondiale de la santé, dans un nouveau protocole de soins de santé pour la violence sexiste, définit 22 formes d'abus et fixe les normes de soins pour les professionnels de la santé. Le rapport souligne la gravité de la violence sexiste. Cependant, le manque de personnel de santé en Afghanistan limite sa capacité à répondre à ce problème. Les professionnels de la santé sont le premier témoin pour la plupart des victimes, ce qui signifie qu’ils sont extrêmement importants pour s’assurer que la victime ne rentre pas chez elle dans une situation dangereuse. Les témoins sont également précieux pour la poursuite du contrevenant.

Le FNUAP a formé plus de 2 500 nouvelles recrues sur la façon de détecter les signes de violence et de réagir avec sensibilité aux victimes en Afghanistan. Parallèlement à ces recrues, l'UNFPA a formé 875 juges et 850 personnels de santé. L'UNFPA dispose de plusieurs centres de protection de la famille avec des centaines de conseillers qualifiés, qu'ils envoient dans les hôpitaux et les centres de soins d'urgence. Ces nouveaux centres, qui permettent aux femmes et aux filles de faire des rapports discrets, ont vu plus de 1 400 divulgations de violence en un an seulement après leur fondation. C’est un grand pas en avant, car le gouvernement afghan n’a officiellement rendu illégale la violence contre les femmes qu’en 2009.

L'avenir des filles en Afghanistan

La violence contre les femmes en Afghanistan est non seulement courante mais attendue. Dans le contexte actuel, il appartient au ministère de la Santé du pays et au public de prendre les femmes au sérieux et de donner aux jeunes filles une chance de s'épanouir. Cependant, les solutions à la violence domestique ne doivent pas seulement se concentrer sur les systèmes de santé et de justice. Par exemple, en finançant des programmes STEM et politiques pour les jeunes filles, le Girls LEAD Act donnerait aux filles une chance de sortir de la pauvreté et de se forger un avenir où la violence n'a pas sa place. Outre le travail effectué par l'UNFPA et l'OMS, cette loi montre le potentiel d'une action internationale pour aider à réduire la violence sexiste en Afghanistan.

Raven Heyne
Photo: Pixabay

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