Une approche centrée sur la communauté : améliorer l’assainissement en Angola

Assainissement en Angola
Selon l’USAID, « près de la moitié de la population angolaise (49,3%) n’a pas accès à l’eau potable et (54,7%) des ménages n’ont pas accès à des installations sanitaires adéquates ». En conséquence, de nombreux Angolais sont confrontés à un risque élevé d’exposition aux maladies d’origine hydrique, ce qui alourdit davantage l’infrastructure de soins de santé existante du pays, aggrave la malnutrition et a un impact négatif sur l’économie.

De plus, les régions du sud de l’Angola connaissent actuellement une sécheresse prolongée, qui a gravement affecté les services de santé, d’assainissement, d’accès à l’eau et d’éducation du pays. Plus de 1,2 million d’Angolais sont confrontés à la pénurie d’eau en raison de la sécheresse. Dans la province de Cunene, la sécheresse a provoqué de « graves perturbations » dans l’accès à l’école pour près de 70 % des élèves.

Impacts sur la santé publique

Le manque d’accès à l’assainissement et à l’eau potable a eu des conséquences dévastatrices pour la santé publique et les enfants sont le groupe démographique le plus vulnérable. En Angola, la moitié des enfants de moins de 5 ans sont anémiques, tandis qu’un autre tiers souffre d’un retard de croissance et qu’un cinquième souffre d’insuffisance pondérale.

Les maladies diarrhéiques qui proviennent de l’eau potable contaminée, y compris le choléra, sont l’une des principales causes de décès en Angola. En 2018, l’UNICEF a signalé 1 038 cas suspects de choléra et 17 décès dans les villes angolaises d’Uige, Cabina et Luanda.

Les plans de la Banque mondiale pour améliorer la qualité de l’eau en Angola

Malgré l’ampleur de ce problème, des agences comme la Banque mondiale prennent des mesures importantes aux côtés du gouvernement angolais pour améliorer la qualité de l’eau, dans l’espoir d’atteindre l’accès universel aux services WASH d’ici 2030. Entre 2013 et 2016, le gouvernement angolais a créé 16 services publics provinciaux d’eau et d’assainissement. visant à améliorer l’accès à l’eau dans les zones urbaines en faisant appel à des prestataires de services indépendants. En mai 2021, le ministère angolais de l’Énergie et de l’Eau a lancé un nouveau programme de réforme du secteur WASH.

La Banque mondiale, à travers ce programme de réforme, évalue les progrès des groupes de travail du ministère, en examinant cinq opportunités clés d’amélioration. Ces indicateurs comprennent la croissance démographique importante en Angola qui a ralenti les progrès du secteur WASH, le taux élevé de sensibilité des enfants pauvres et malnutris aux maladies diarrhéiques et à la mortalité liées à WASH, les moyens par lesquels l’Angola peut investir plus efficacement dans le secteur WASH, l’insuffisance des ressources institutionnelles et bureaucratiques pour réussir et des données insuffisantes sur l’efficacité des améliorations du secteur WASH.

Les efforts de l’UNICEF pour aider l’Angola

En outre, l’UNICEF dirige une initiative visant à soutenir l’Angola en créant des centres centrés sur l’enfant, connus sous le nom de «refuges sûrs», qui soutiennent les communautés vulnérables en concentrant des services intégrés de santé, d’assainissement et d’eau au sein des mêmes communautés. Les projections indiquent que ces interventions aideront environ 341 565 enfants.

Ces efforts, financés par le Fonds central d’intervention d’urgence des Nations Unies (CERF), comprennent également la fourniture de 30 réservoirs d’eau de 5 000 litres qui se retrouveront dans les communautés touchées par la sécheresse dans la province de Cunene. Ces réservoirs réduiront les distances parcourues par les membres de la communauté pour s’approvisionner en eau.

L’initiative de l’UNICEF aidera 96 ​​000 femmes dans les régions touchées par la grave sécheresse du pays, et les projections indiquent que 135 000 personnes recevront une assistance du secteur WASH. En outre, l’initiative verra la livraison d’environ 12 tonnes de lait thérapeutique (utilisé pour traiter la malnutrition aiguë sévère chez les enfants) et de comprimés pour la purification de l’eau dans les provinces de Cunene et de Huila. Ce programme de secours est une étape cruciale dans la réduction de la malnutrition en Angola.

Vers un avenir meilleur

Les efforts visant à améliorer l’accès à l’eau et à l’assainissement en Angola auront des effets transformateurs non seulement sur la santé publique, mais aussi sur l’éducation et le développement économique. L’accès à l’eau potable et à un assainissement adéquat réduit considérablement le risque de contracter des maladies d’origine hydrique pour les enfants, ce qui leur permet de rester à l’école. L’amélioration de l’hygiène et de l’assainissement dans les communautés et les écoles angolaises stimulera un plus grand développement social et, à son tour, réduira la pauvreté.

–Olivier De Jonghe
Photo : Flickr

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