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Traite des êtres humains en ligne pendant COVID-19

traite des êtres humains pendant le COVID-19Les Nations Unies ont mis en garde contre une récente augmentation de la traite des êtres humains via les médias sociaux. Selon le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), les auteurs s’adressent aux victimes sur les réseaux sociaux et les plates-formes de messagerie. Les experts mettent en corrélation cette vague de trafic d'êtres humains en ligne avec les verrouillages que les gouvernements ont mis en œuvre pour lutter contre le COVID-19 qui a laissé des millions de personnes sans emploi et luttant pour survivre.

La crise de la traite des êtres humains

La traite des êtres humains constitue depuis longtemps une menace pour la sécurité et le bien-être des populations les plus vulnérables du monde. L'ONU a déclaré qu'entre 2017 et 2018, environ 75000 victimes de la traite ont été identifiées dans 110 pays. Au cours de cette période, 70% des victimes étaient des femmes, dont 77% ont ensuite été victimes de la traite à des fins d'exploitation sexuelle et 14% pour le travail forcé.

Plusieurs facteurs rendent une personne plus vulnérable à la traite des êtres humains. Le facteur le plus pressant, cependant, est la lutte financière ou la pauvreté.

Traite des êtres humains en ligne et COVID-19

La traite des êtres humains est en hausse alors que des millions de personnes sont désespérées par les conséquences économiques du COVID-19. Les personnes employées dans les secteurs informels ont été particulièrement touchées par les licenciements, tandis qu'au début de cette année, les travailleurs migrants se sont retrouvés bloqués loin de chez eux lorsque les frontières ont été fermées et que les interdictions de voyager ont été appliquées. Selon la Banque mondiale, la pandémie de COVID-19 entraînera une augmentation de l'extrême pauvreté mondiale pour la première fois en deux décennies, poussant jusqu'à 150 millions de personnes dans la pauvreté d'ici 2021.

L'impact, cependant, sera ressenti le plus durement par les femmes. En raison de la pandémie, 47 millions de femmes et de filles supplémentaires seront poussées dans l'extrême pauvreté. Les estimations prédisent même qu'à l'échelle mondiale, pour 100 hommes vivant dans la pauvreté en 2030, il pourrait y avoir jusqu'à 121 femmes.

Outre les conséquences économiques du COVID-19, les trafiquants ont également profité du fait que les gens passent plus de temps en ligne pendant les verrouillages. Alors que les trafiquants ont généralement opéré avec une grande impunité, Internet permet un accès plus facile aux populations vulnérables ainsi que les avantages de l'anonymat et des fausses identités.

Lutter contre la traite des êtres humains pendant le COVID-19

La traite des êtres humains est un problème mondial, mais malgré l'ampleur de la menace et les avantages dont disposent les auteurs du COVID-19, les gouvernements peuvent prendre des mesures pour protéger les groupes vulnérables, en particulier les femmes et les filles.

Dans un appel aux entreprises de médias sociaux et de messagerie, la CEDAW a recommandé que des contrôles de sécurité soient mis en place pour réduire le risque d'exposer les femmes et les filles à la traite et à l'exploitation sexuelle. La CEDAW a appelé les plateformes en ligne à utiliser les données, l'intelligence artificielle et l'analyse pour identifier les modèles possibles qui pourraient conduire à la traite. Il exhorte également les plateformes à «mettre en place la structure et les procédures de gouvernance appropriées qui leur permettront d'être réactifs dans leur réponse et de fournir le niveau d'information pertinent aux autorités concernées».

La CEDAW a également exhorté les gouvernements à résoudre les problèmes sous-jacents qui permettent à la traite des êtres humains de prospérer. Ces problèmes comprennent la discrimination fondée sur le sexe, l'insécurité économique, les conflits et les conditions dangereuses pour les migrants et les personnes déplacées.

En outre, les Nations Unies ont exhorté les gouvernements nationaux à veiller à ce que les services destinés aux victimes et aux survivants de la traite restent ouverts pendant les confinements et à ce que les droits des travailleurs migrants et informels soient protégés par la législation du travail. Enfin, les investissements dans les programmes d’autonomisation économique des femmes sont encouragés comme moyen d’atténuer les incidences économiques disproportionnées sur les femmes. Avec les mesures appropriées en place, la traite des êtres humains pendant le COVID-19 peut être évitée.

– Angie Grigsby
Photo: Flickr

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