Soutien aux femmes bangladaises après le cyclone Amphan

Soutien aux femmes bangladaises
La pauvreté a touché de manière disproportionnée les femmes au Bangladesh à la suite de catastrophes naturelles telles que le cyclone Amphan. Dans le cadre de son engagement envers le Pacte Génération Égalité sur les femmes, la paix, la sécurité et l’action humanitaire (WPS-HA), ONU Femmes a travaillé avec des partenaires locaux au Bangladesh pour aider à la reprise économique et fournir un soutien aux femmes bangladaises, en particulier après les catastrophes naturelles, en émettant subventions et offre de formation professionnelle aux femmes locales.

Genre et disparité économique au Bangladesh

En 2019, 20,5 % des citoyens du Bangladesh tombaient sous le seuil national de pauvreté, selon la Banque asiatique de développement. En outre, le taux de chômage des femmes bangladaises en 2021 s’élevait à près de 8 %, tandis que le taux de chômage des hommes au Bangladesh était de 4,1 % en 2021, selon les estimations de l’Organisation internationale du travail (OIT). En 2019, le taux de participation au marché du travail des hommes bangladais âgés de 15 à 64 ans était de 84 % mais de seulement 38 % pour les femmes du même groupe d’âge. Par ailleurs, en 2022, le taux d’alphabétisation des hommes était de 76,56% alors que celui des femmes était de 72,82%.

Lorsque l’on compare la marge de différence entre les taux d’alphabétisation et les taux d’emploi des hommes et des femmes du Bangladesh, il est clair que les femmes sont confrontées à des inégalités qui entraînent leur exclusion et leur marginalisation, les poussant plus profondément dans la pauvreté.

Histoire de Mahmuda Khatun

Lorsque le cyclone Amphan a frappé le Bangladesh en 2020, de nombreuses personnes ont perdu leurs moyens de subsistance et se sont enfoncées davantage dans la pauvreté, y compris la famille de Mahmuda Khatun. Khatun souhaitait créer une petite entreprise pour subvenir aux besoins de sa famille, mais elle était confrontée à des obstacles tels qu’un « manque d’antécédents bancaires » et des connaissances financières insuffisantes. Elle a demandé de l’aide à la Fondation Prerona, « une organisation locale de femmes soutenue par ONU Femmes ».

La Fondation Prerona travaille avec des femmes vulnérables pour améliorer leur résilience économique, en particulier dans les zones sujettes aux crises. La Fondation a aidé Khatun à gagner sa vie en lui offrant une formation et un prêt pour démarrer un élevage de volailles afin de générer des revenus. Khatun subvient désormais aux besoins de ses deux filles et de son mari en élevant des volailles. Depuis ses débuts, son entreprise a prospéré et Khatun gagne maintenant environ 17 000 takas (200 USD) par mois.

Plafonds de verre multi-industries

Des organisations telles que la Fondation Prerona et ONU Femmes reconnaissent l’importance d’impliquer et de soutenir les femmes bangladaises à la suite de crises humanitaires et de catastrophes naturelles. Les femmes sont un catalyseur clé dans la réponse et le rétablissement d’une communauté et finissent souvent par être exclues de l’équation, bien qu’elles soient des agents précieux.

De plus, lorsqu’une femme reçoit une élévation, les avantages ne s’arrêtent pas là. Khatun cherche maintenant à aider d’autres femmes de sa communauté en offrant une formation professionnelle et en défendant l’autonomisation des femmes au Bangladesh. Selon ONU Femmes, en 2020, « moins de 60 % des femmes bangladaises ont accès au crédit », ce qui constitue un obstacle important à leur potentiel entrepreneurial. De plus, environ un tiers de la population active du pays est composée d’employées et moins de 5 % d’entre elles occupent des postes formels. Les femmes bangladaises « gagnent également 21 % de moins que leurs homologues masculins ».

S’élever grâce à la reprise

Compte tenu de ces statistiques, il peut sembler intimidant pour les femmes au Bangladesh d’assumer l’indépendance financière et de voir le succès, en particulier au milieu d’une catastrophe naturelle comme le cyclone Amphan. Cependant, ONU Femmes continue de travailler avec des dizaines d’organisations de la société civile et d’organisations féminines locales sur le terrain pour aider à résoudre ces problèmes systémiques.

En 2022, ONU Femmes s’est également associée au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) pour promouvoir « l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes au Bangladesh ». Les deux institutions ont « signé un accord interinstitutions » pour 2022-2026 afin d’établir une « gouvernance inclusive sensible au genre », de réduire la discrimination à l’égard des femmes et de faire progresser « l’autonomisation économique des femmes et l’accès à la justice », entre autres objectifs.

À l’avenir, l’accent sera mis sur le lancement d’un programme normatif, l’établissement d’une législation non sexiste, l’octroi de financements pour faire progresser l’égalité des sexes et le soutien aux entreprises dirigées par des femmes. Ce partenariat souligne également l’importance de lutter contre la violence sexiste à Cox’s Bazar, de placer les femmes dans des rôles de leadership et de fournir aux femmes la formation, les services et les ressources nécessaires pour s’épanouir.

Compte tenu de l’engagement, tant au niveau local qu’international, il y a de l’espoir pour que davantage de femmes bangladaises sortent de la pauvreté malgré les impacts du cyclone Amphan.

– Samyudha Rajesh
Photo : Flickr

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