Pauvreté et pollution atmosphérique au Bangladesh

Pollution de l'air en Bangladesh
La pollution de l’air intérieur et extérieur au Bangladesh est un problème croissant dans le pays et dans le monde, on estime qu’elle cause 7 millions de décès par an. Sans surprise, les pays à revenu faible et intermédiaire comme le Bangladesh, le pays le plus pollué en 2020, sont les plus durement touchés. La recherche établit un lien entre la mauvaise qualité de l’air et les accidents vasculaires cérébraux, les maladies cardiaques, les cancers et de nombreuses autres maladies graves. Pour ces raisons, l’air pur est un élément essentiel pour mettre fin au cycle de la pauvreté.

Pollution de l’air dans les communautés à faible revenu

Partout dans le monde, les ménages à faible revenu ont tendance à dépendre de la biomasse comme combustible. Il offre une option nettement moins chère que les carburants plus propres tels que le kérosène et le gaz naturel. Les prix du gaz naturel au Bangladesh ont augmenté de 32,8 % en 2019, la plus forte augmentation de l’histoire du pays. Lorsque des familles au Bangladesh optent pour des combustibles moins chers pour le chauffage et la cuisine, cela libère plus de polluants dans leurs maisons que ceux libérés par des combustibles plus propres et plus chers. De nombreuses familles au Bangladesh dont le revenu par habitant est inférieur à 1 dollar par jour ont une concentration en particules qui varie de 410 microg/m3 à 202 microg/m3. Ces chiffres inquiétants sont en partie dus à leur dépendance vis-à-vis de ces carburants.

Au Bangladesh, il existe 30 000 industries, dont 6 000 grandes. Les grandes industries productrices de pollution se déplacent souvent vers des zones à faible revenu pour profiter de leurs réglementations environnementales moins nombreuses. Les quartiers les plus pauvres sont également moins susceptibles d’obtenir des investissements dans le verdissement urbain, la réservation de terres pour les environnements naturels, ce qui peut améliorer les niveaux de pollution dans l’air. De plus, les collectivités à faible revenu sont plus susceptibles d’être situées près des grands axes routiers et de recevoir un sous-investissement dans le transport en commun respectueux de l’environnement. Ces deux éléments contribuent à la pollution des transports dans les quartiers.

L’impact de la pollution de l’air sur la santé

La présence de pollution atmosphérique peut jouer un rôle majeur dans de nombreux problèmes de santé tels que la calcification des artères et un risque accru de cancer du sein. Dans les zones défavorisées, il est souvent difficile d’obtenir une aide médicale en raison des frais remboursables liés aux visites chez le médecin et au transport. La mauvaise qualité de l’air a causé 173 500 décès au Bangladesh en 2019, soit 50 000 de plus qu’en 2017.

Les personnes en situation de pauvreté ont besoin d’emplois pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. Les personnes touchées par les maladies liées à la pollution de l’air sont plus susceptibles d’arrêter de travailler parce qu’elles ne sont pas physiquement capables de faire un travail manuel. Les membres de la famille des personnes concernées peuvent également être contraints de quitter leur emploi ou d’arrêter d’aller à l’école pour s’occuper de leurs proches. Sans ces sources de revenus et d’éducation complémentaire, il pourrait être difficile pour les familles du Bangladesh d’échapper à la pauvreté générationnelle.

La Coalition pour le climat et l’air pur

La Climate and Clean Air Coalition (CCAC) a commencé à réduire les polluants au Bangladesh en 2012. L’organisation a investi dans la technologie verte pour les fours à briques qui représentent 20 % des émissions de carbone noir. Il a également commencé à financer des fonds pour contribuer à un avenir plus vert, ainsi que de nombreuses initiatives supplémentaires de réduction de la pollution atmosphérique. La mise en œuvre des efforts du CCAC dans ces initiatives devrait réduire les émissions de carbone noir de 72 % et le méthane de 37 % d’ici 2040.

Espoir pour le Bangladesh

En raison du lien entre la pollution de l’air, les maladies associées et la pauvreté, il est crucial de s’attaquer à ces problèmes. Les niveaux extrêmes de pollution de l’air au Bangladesh sont souvent dus à la négligence dont font preuve les communautés à faible revenu. En accordant une attention particulière à la qualité de l’air dans ces zones, le Bangladesh peut surmonter sa crise de la pollution atmosphérique.

–Katelyn Rogers
Photo : Flickr

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