Migration vers la Turquie – Le projet Borgen

Migration vers la Turquie
La migration vers la Turquie a atteint un niveau record car la Turquie abrite «l’une des plus grandes populations de migrants au monde», accueillant environ 4 millions de réfugiés et de demandeurs d’asile en 2022, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). ). Selon l’Organisation internationale pour les migrations, historiquement, la Turquie est considérée comme « un pays d’origine, de transit et de destination pour les migrants » en raison de sa « situation géopolitique sur la route du Moyen-Orient vers l’Europe » et des conflits qui se produisent dans les pays voisins. L’histoire de la migration en Turquie remonte aux années 1400, sous le règne de l’Empire ottoman.

Conflit et violence en tant que facteur contributif

Les conflits historiques passés tels que la Seconde Guerre mondiale et la guerre du Kosovo ont considérablement contribué à la migration vers la Turquie, tandis que la guerre civile syrienne et l’offensive des talibans de 2021 restent la cause de vagues de migration plus récentes.

L’une des migrations importantes induites par le conflit à mentionner est l’émigration turque bulgare qui a eu lieu en 1989. Les Turcs qui se sont retrouvés sur le territoire bulgare alors qu’il était sous la domination ottomane ont dû quitter la Bulgarie en raison de la pression politique et de la violence en 1989. Près de 400 000 Les Turcs ont ensuite émigré vers la Turquie. L’émigration bulgare a provoqué de nouvelles vagues de migration en provenance des Balkans.

Dans les années 1990, au milieu de la guerre de Bosnie, environ 20 000 réfugiés bosniaques ont fui vers la Turquie en quête de sécurité. Dans les temps à venir, un nombre similaire de réfugiés du Kosovo et de Macédoine ont cherché refuge à l’intérieur des frontières turques, également en raison du conflit et de la violence dans leur pays d’origine.

La crise des réfugiés syriens

Le nombre de réfugiés en provenance des Balkans reste relativement faible par rapport à l’ampleur des récentes vagues migratoires qui ont frappé la Turquie. Selon World Vision, en 2021, les données indiquent qu’il y a plus de 6,8 millions de réfugiés syriens déplacés. Près de 4 millions de ces réfugiés syriens résident actuellement en Turquie.

La première vague de réfugiés syriens est apparue en 2011 lorsque la guerre civile syrienne vient d’éclater. Le monde a alors dû accueillir un grand nombre de réfugiés syriens fuyant la guerre et qui ne peuvent toujours pas retourner dans leur pays alors que le conflit fait rage.

La Turquie comme pays de refuge

Accueillir la plus grande population de réfugiés syriens implique une grande responsabilité pour le gouvernement turc en termes de satisfaction des besoins économiques et sociaux des migrants.

La Turquie a dépensé près de 350 millions de dollars de son budget pour faire face à la crise des réfugiés en 2022, selon le HCR. Une grande partie de ce budget a été consacrée à « la réalisation des droits dans des environnements sûrs » et à « l’autonomisation des communautés et la réalisation de l’égalité des sexes ».

En 2021, l’UE a approuvé un budget de 149,6 millions d’euros pour financer les réfugiés syriens vulnérables résidant en Turquie. Grâce au financement combiné de l’UE et au budget du gouvernement turc pour les réfugiés, les réfugiés syriens peuvent recevoir le soutien nécessaire pour s’intégrer dans la société turque et dans l’économie formelle.

Parallèlement au soutien du gouvernement, de nombreuses organisations à but non lucratif aident les réfugiés. Créé en 2015, Small Projects Istanbul (SPI) est une organisation à but non lucratif basée à Istanbul qui aide les familles déplacées de la région MENA à rétablir leur vie grâce à divers programmes. Avec un accent particulier sur les jeunes et les femmes, selon son site Internet, SPI gère un certain nombre d’initiatives pour « promouvoir l’accès à l’éducation, à la protection, aux services sociaux, au soutien psychosocial et aux moyens de subsistance ».

À l’heure actuelle, la Turquie est une plaque tournante majeure pour les migrants fuyant la guerre et un représentant de politiques migratoires exemplaires.

– Selin Oztuncman
Photo : Flickr

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