L’impact de la COVID-19 sur la pauvreté au Canada

Impact de la COVID-19 sur la pauvreté au Canada
On peut évaluer l’impact complet de la COVID-19 sur la pauvreté au Canada alors que les provinces commencent à lever les mandats en cas de pandémie. Le Canada a ressenti l’impact économique de la pandémie de COVID-19, le Conseil consultatif national sur la pauvreté notant des conséquences imprévues mais déjà en développement sur les niveaux de pauvreté nationaux.

La dernière enquête canadienne sur le revenu de 2019 a révélé un taux de pauvreté de 10,1 %, ce qui a amené le gouvernement fédéral à dépenser plus de 72 à 84 milliards de dollars par an pour y remédier. Depuis lors, l’impact de la COVID-19 n’a fait qu’exacerber la pauvreté au Canada, avec les perturbations des chaînes d’approvisionnement, des prix du marché et de la sécurité d’emploi causées par la pandémie mondiale.

Impact sur l’emploi

Les taux d’emploi ont continué de fluctuer tout au long de la pandémie après avoir initialement vu un nombre sans précédent de 3 millions de Canadiens (9 %) perdre leur emploi, qui avaient tous été en dessous du revenu moyen national. Les taux d’emploi se sont régulièrement redressés à mesure que les taux de transmission ont chuté et que les provinces canadiennes ont progressivement levé les mesures obligatoires. Cependant, les taux de chômage des jeunes ont progressivement augmenté et restent en deçà des niveaux d’avant la pandémie.

Les taux d’emploi sont revenus aux niveaux d’avant la pandémie à l’automne 2021, tout en continuant d’être volatils. La poussée de la variante omicron a entraîné la perte de 200 000 emplois, principalement dans les secteurs des services et du secteur public, ce qui montre l’impact durable et croissant du COVID-19 sur la sécurité de l’emploi. En ce qui concerne la sécurité de l’emploi, l’impact sur l’emploi du COVID-19 a affecté de manière disproportionnée les emplois dans les services et le secteur public. En revanche, les secteurs scientifiques et techniques ont connu une croissance des taux d’emploi au cours de la même période. Cet impact disproportionné et croissant sur les travailleurs à faible revenu pourrait potentiellement exacerber les taux de pauvreté dans les années à venir.

En réponse à l’insécurité du revenu et à la fluctuation des taux d’emploi, le gouvernement fédéral canadien a déployé plusieurs programmes d’aide économique à la suite de la COVID-19. La pandémie a élargi l’assurance-chômage et fourni des subventions salariales. Le plus important et le plus largement disponible était la Prestation canadienne d’intervention d’urgence (CERB). Soutenu par un fonds de 100 milliards de dollars, le CERB était le plus grand programme d’aide économique de l’histoire du Canada depuis la Seconde Guerre mondiale. Le CERB a fourni aux chômeurs canadiens une allocation mensuelle de 2 000 $, soit les deux tiers du revenu d’emploi mensuel du Canadien moyen. Le CERB a pris fin en décembre 2021, atténuant une grande partie de l’impact que le COVID-19 aurait pu avoir sur la pauvreté. À la suite du succès du CERB, le rapport du groupe d’experts sur le revenu de base de la Colombie-Britannique a recommandé l’expansion permanente des services financés par l’État similaires au CERB. Une aide publique continue peut contrer le développement de la pauvreté alors que les taux d’emploi fluctuent à mesure que la pandémie se termine lentement.

Hausse des prix des aliments et du coût de la vie

Les prix des aliments ont considérablement augmenté au Canada tout au long de la pandémie en raison des pénuries de la chaîne d’approvisionnement causées par la perturbation mondiale causée par la COVID-19. En conséquence, les prix des produits d’épicerie ont augmenté de 5,7 % en 2021, la plus forte hausse annuelle depuis 2011. Le rapport annuel 2022 du Rapport sur les prix des aliments au Canada de l’Université Dalhousie et de l’Université de Guelph prévoit que 2022 connaîtra « la plus forte augmentation [in food prices] que nous prévoyons dans 12 ans, à la fois en termes de dollars et de pourcentage. Voici quelques prévisions sur la direction que pourraient prendre les prix des aliments d’ici 2022 selon le Rapport sur les prix des aliments au Canada.

“ Type de nourriture Hausse des prix prévue en 2022

Restaurants 6-8%

Produits laitiers 6-8 %

Produits de boulangerie 5-7%

Légumes 5-7%

Fruits 3-5%

Autre 2-4%

Fruits de mer 0-2%”

Comment l’augmentation des prix des denrées alimentaires affecte les pauvres

La hausse du prix des aliments a eu des répercussions sur les populations à faible revenu au Canada, le nombre de visites aux banques alimentaires ayant augmenté de plus de 20 % au cours des quatre premiers mois de la pandémie. Un résident d’Ottawa a déclaré : « Je n’ai pas les moyens d’aller à l’épicerie pour acheter des fruits. En outre, la hausse des prix des denrées alimentaires augmente, affectant les populations à revenu intermédiaire. Un résident de l’Ontario a déclaré à la CBC que «les gens qui ne parlaient même pas du coût élevé des aliments auparavant ont maintenant du mal avec cela aussi». Selon une récente réponse à un sondage, les Canadiens ont changé leurs habitudes de consommation alimentaire, notamment en se fiant aux coupons, en supprimant les restaurants et en adoptant des régimes alimentaires plus abordables.

L’impact de la COVID-19 sur les prix des aliments au Canada continuera de se développer à partir de 2022 et affectera de manière disproportionnée les populations à faible revenu, ce qui pourrait exacerber les taux de pauvreté. En prévision, le gouvernement fédéral a créé le Fonds d’urgence pour la sécurité alimentaire en avril 2020 pour «aider à améliorer l’accès à la nourriture pour les personnes en situation d’insécurité alimentaire au Canada en raison de la pandémie de COVID-19», en investissant 100 millions de dollars dans les banques alimentaires canadiennes et d’autres organisations similaires. Le gouvernement a investi plus d’argent dans le fonds tout au long de la pandémie, ajoutant 100 millions de dollars supplémentaires en août 2021 et 30 millions de dollars en décembre 2021. Faire correspondre les investissements dans les banques alimentaires et d’autres programmes similaires au taux d’inflation des prix des aliments projeté par le 2020 Canada Food Price Report sera essentiel pour contrer l’impact à long terme de la COVID-19 sur la pauvreté au Canada.

Aborder l’avenir

Bien que la COVID-19 ait eu un impact sur la sécurité d’emploi et alimentaire des personnes vivant dans la pauvreté au Canada, le pire de ses brûlures est passé alors que les provinces lèvent les restrictions. L’impact de la pandémie a permis de tirer de précieux enseignements dans la lutte actuelle et future contre la pauvreté systémique. Le rapport de 2021 du Conseil consultatif national sur la pauvreté a identifié que l’origine de l’exacerbation de la pauvreté au Canada par la COVID-19 résidait dans des problèmes structurels préexistants qui discriminent les travailleurs à faible revenu, les peuples autochtones, les minorités ethniques et les femmes. Cette reconnaissance montre que l’impact de la COVID-19 sur la pauvreté a entraîné un nouvel engagement à inclure cette approche structurelle holistique dans la lutte contre la pauvreté après la pandémie, ce qui est de bon augure pour l’avenir des politiques publiques canadiennes.

Majeed Malhas
Photo : Flickr

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