Le pape François qualifie la faim de « crime »

Pape François
La faim est un « scandale » dont le crime « viole les droits humains fondamentaux », selon le pape François. Lors d’une récente réunion des Nations Unies (ONU) à Rome, le pape a fait valoir que le monde détient suffisamment de nourriture pour tous, mais que la faim est répandue. Le message du pape s’alignait sur l’affirmation du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, selon laquelle un tiers des émissions de gaz à effet de serre est dû aux systèmes alimentaires mondiaux. De plus, Guterres a averti qu’une perte de 80% de la biodiversité est une autre conséquence drastique de ces systèmes alimentaires.

Le message

Le pape a pris la parole lors du pré-sommet de juillet du Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires, qui s’est concentré sur des solutions scientifiques fondées sur des preuves pour la transformation des systèmes alimentaires. Le pape François a noté que COVID-19 a souligné les « injustices systémiques qui minent notre unité en tant que famille humaine ». En outre, il a souligné la nature paradoxale des technologies conçues pour augmenter la capacité alimentaire car elles «exploitent la nature jusqu’à la stérilisation». Il a dit que les personnes les plus pauvres souffrent le plus parce que nous infligeons des dommages « … par l’utilisation et l’abus irresponsables des biens que Dieu y a placés. »

Dans un message similaire publié en juillet par le Vatican, le pape a évoqué le caractère évitable des déplacements forcés, du terrorisme et des guerres. Il a soutenu que ce sont tous des précurseurs de la faim. Dans le message, le pape François a également expliqué le manque de solidarité qui sévit chez les humains et qui retarde les résolutions pour mettre fin à la malnutrition. Il a parlé d’une volonté de ne pas promouvoir de « simples progrès » ou des « objectifs de développement en théorie ». Il a écrit : « Nous réalisons tous que l’intention de fournir à chacun son pain quotidien ne suffit pas. »

L’appel à l’action de l’ONU

Un rapport de l’ONU de début juillet a attribué le COVID-19 aux 161 millions de personnes supplémentaires confrontées à la faim par rapport à 2019. Il a expliqué qu’une alimentation saine est désormais hors de portée de 3 milliards de personnes. Cela est dû au coût élevé de la nourriture, à l’inégalité des revenus et à la pauvreté. Le fait que l’indice des prix des matières premières agricoles ait augmenté de 30 % à partir de janvier 2020 étaye cet argument. En outre, Guterres a noté qu’en raison de la pandémie de COVID-19, une personne sur trois manquait de sources de nourriture adéquates.

Récemment encore, l’agence des Nations Unies, le Fonds international de développement agricole (FIDA) a appelé les décideurs à rectifier les « défaillances des systèmes alimentaires ». Le FIDA a suggéré que la production alimentaire devrait tenir compte de la protection de l’environnement, du soutien de la biodiversité et de la rémunération équitable des travailleurs.

Enfin, selon l’économiste en chef de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), soulager la faim pour 100 millions de personnes nécessiterait 14 milliards de dollars par an jusqu’en 2030. De plus, tripler ce montant aboutirait à un objectif de faim zéro dans le monde en 2030.

Avancer

Les appels à l’action du pape François et des Nations Unies sont forts et clairs. Ensemble, ils devraient avoir un impact positif sur la lutte contre la faim en transformant les systèmes alimentaires mondiaux actuels.

Le pape François a spécifiquement appelé à des « politiques locales et internationales audacieuses ». Il a déclaré : « Par conséquent, il est du devoir de chacun d’éradiquer cette injustice par des actions concrètes et de bonnes pratiques.

-Mohamed Makalou
Photo : Flickr

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