La traite des êtres humains au Kosovo – Le projet Borgen

Traite des êtres humains au Kosovo
La traite des êtres humains au Kosovo a été au cœur de la lutte contre la traite des êtres humains. Les principales victimes au sein du pays sont les jeunes filles que les trafiquants forcent à travailler dans le commerce du sexe. Bien que ce problème persiste, le gouvernement déploie des efforts actifs pour réduire la prévalence du problème.

Les causes de l’épidémie de traite au Kosovo

Les tensions ethniques entre les Serbes et les Albanais résidant au Kosovo ont contribué à accroître la traite des êtres humains dans le pays. Les spéculations ont déterminé que les forces de maintien de la paix placées au Kosovo pour empêcher les deux groupes de s’affronter ont entraîné une forte demande de travailleuses du sexe. Le trafic a augmenté pour répondre à la demande. Avant la déclaration officielle d’indépendance du Kosovo en 2008, les jeunes filles, victimes de la traite, venaient des pays voisins. Cependant, l’indépendance signifiait des frontières plus sûres. En conséquence, les trafiquants se sont tournés vers l’intérieur, ciblant les jeunes filles kosovares.

La traite des êtres humains au Kosovo est sans aucun doute une activité rentable. On estime qu’une femme contrainte à l’exploitation sexuelle en Europe occidentale peut générer environ 67 200 dollars de profit pour ses ravisseurs. Une industrie aussi rentable n’est pas une industrie que de nombreux criminels ou fonctionnaires corrompus peuvent ignorer. GlobalPost a découvert que des représentants du gouvernement kosovar profitaient ou participaient à l’aspect sexuel de la traite dans le passé, mais ils n’ont jamais été inculpés.

Lutte contre la traite des êtres humains

Selon le Département d’État américain, le Kosovo est considéré comme un pays de niveau 2, ce qui signifie que même s’il ne respecte pas toutes les normes établies pour éliminer la traite des êtres humains, il fait un effort solide. Ces efforts comprennent la mise en œuvre de nouvelles procédures opérationnelles standard, destinées à accroître l’efficacité des poursuites. Le gouvernement du Kosovo a également consacré davantage de fonds et de ressources à l’aide aux victimes de la traite des êtres humains. Une grande partie de cela était l’ouverture de refuges gérés par l’État pour ces victimes.

Ces nouvelles mesures constituent une amélioration considérable par rapport à un gouvernement qui, selon GlobalPost, profite de l’industrie de la traite des êtres humains dans le pays. Cependant, le problème est loin de disparaître. Malgré les taux élevés de traite des êtres humains au Kosovo, très peu de trafiquants risquent d’être condamnés. Le Code pénal du Kosovo condamne les trafiquants condamnés à des peines de cinq à douze ans de prison. Parmi les personnes condamnées, la plupart ne purgent qu’entre sept et 18 mois, selon ONETrack International.

Prochaines étapes

Un rapport publié par le groupe anti-traite du Conseil de l’Europe, le GRETA, décrit les améliorations que le Kosovo pourrait apporter pour réduire la prévalence de la traite des êtres humains dans le pays. Le GRETA souligne l’importance d’assurer la hiérarchisation des affaires de traite dans le système judiciaire du Kosovo. Par ailleurs, le GRETA met l’accent sur l’identification des victimes de la traite des êtres humains, en particulier la traite des enfants. Une grande partie des victimes de la traite au Kosovo sont en fait originaires d’Albanie. En partie à cause des tensions ethniques, le pays expulse souvent ces enfants vers leur pays d’origine avant de procéder à une identification appropriée, ce qui réduit considérablement les chances d’attraper l’auteur du crime.

Le Département d’État américain a également formulé des recommandations pour réduire la traite des êtres humains au Kosovo. Il a de nouveau mis l’accent sur les poursuites et la détermination de la peine, avec des taux de condamnation plus élevés et des peines plus longues comme principaux points de discussion. Une autre mesure que le Kosovo devrait prendre en compte est la formation des responsables judiciaires dans chaque région afin qu’ils puissent gérer correctement les cas de traite des êtres humains. On ne sait pas si le Kosovo envisage de mettre en œuvre l’une de ces recommandations, mais compte tenu des récents succès des refuges pour victimes et des responsables régionaux, un certain optimisme demeure.

– Thomas Schneider
Photo : Flickr

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