La nouvelle pilule antivirale COVID-19 apporte de l’espoir au monde en développement

Pilule antivirale COVID-19

Le monde en développement se bat pour un meilleur accès aux vaccins et thérapies vitaux contre le COVID-19. Si les organismes de réglementation l’approuvent, une nouvelle pilule antivirale COVID-19 appelée molnupiravir pourrait apporter un soulagement l’année prochaine car elle serait abordable, facile à distribuer et à administrer. L’approbation est presque garantie, cependant, plusieurs ONG et fabricants passent à la vitesse supérieure pour aider à assurer un accès équitable au médicament dans le monde entier.

La situation présente

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le COVID-19 a causé la mort de plus de 5 millions de personnes dans le monde. Aucune nation, aussi riche soit-elle, n’est exempte du chagrin et de la lutte que COVID-19 a apportés. En plus des nombreuses vies perdues, la maladie causée par le nouveau coronavirus, le SRAS-CoV-2, a également laissé de nombreux survivants avec des effets négatifs à long terme sur la santé. Ensuite, il y a le bilan économique – les experts considèrent que la contraction économique mondiale que la pandémie a provoquée est la plus grave depuis le lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Aujourd’hui, près d’un an après l’arrivée sur le marché des premiers vaccins COVID-19, le monde développé se demande si la fin est proche – si le monde peut revenir à un sentiment de normalité pré-pandémique. Cependant, dans le monde en développement, la fin ne semble pas proche car de nombreux pays en développement n’ont pas encore obtenu un accès adéquat aux vaccins. Par exemple, en septembre 2021, le chef de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré que « plus de 5,7 milliards de doses de vaccin COVID-19 ont été administrées dans le monde, mais seulement 2 % d’entre elles en Afrique ». L’Afrique, cependant, représente près de 16% de la population mondiale, indiquant clairement que la pression en faveur de l’équité en matière de vaccins doit se poursuivre.

Cependant, le monde en développement trouve maintenant un peu d’espoir dans une pilule antivirale COVID-19 qu’un partenariat entre Merck et Ridgeback Biotherapeutics a mis sur le marché. Les chercheurs ont inventé le médicament, appelé molnupiravir, à l’Université Emory avec un financement de recherche du gouvernement américain. Dans l’étude clinique de phase 3, la pilule s’est avérée efficace pour réduire de 50 % les risques d’hospitalisation et de décès chez les personnes à risque lorsqu’elle est administrée avant que les symptômes n’augmentent en gravité. À la suite de ces résultats prometteurs, Merck a demandé une autorisation d’utilisation d’urgence auprès de la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis afin de pouvoir mettre sur le marché cette pilule antivirale COVID-19 prometteuse dès que possible.

3 avantages du molnupiravir pour le monde en développement

  1. Abordabilité. Merck et Ridgeback Biotherapeutics ont convenu de concéder sous licence la production de leur pilule antivirale COVID-19 à plusieurs fabricants de médicaments génériques en Inde. En outre, ils ont signé un accord de licence sans redevance avec le Medicines Patent Pool (MPP) soutenu par les Nations Unies. L’accord reste valable tant que l’OMS classe le COVID-19 comme une urgence mondiale de santé publique. MPP accordera une sous-licence pour la production du molnupiravir à des fabricants de médicaments génériques qualifiés dans le monde en développement. À leur tour, ces fabricants seront libres de commercialiser le médicament dans un ensemble de 105 pays à revenu faible ou intermédiaire pour environ 20 $ par traitement de cinq jours. Pour référence, dans son contrat d’achat initial pour le médicament, le gouvernement américain a accepté de payer environ 35 fois plus par traitement.
  2. Facilité de distribution. Selon la marque, les vaccins COVID-19 doivent être congelés ou réfrigérés jusqu’au moment de l’administration. Le vaccin à ARNm Pfizer-BioNTech nécessite même une congélation en dessous de zéro à -80℃ à -60℃, nécessitant ainsi des congélateurs spécialisés en dessous de zéro. Ces exigences de stockage au froid pour les vaccins, bien que non insurmontables, posent des défis logistiques pour la livraison des vaccins dans les zones rurales des pays à revenu faible ou intermédiaire (PRFI). D’autre part, le molnupiravir est stable à la conservation, ce qui signifie que ses attributs permettent un stockage sûr à température ambiante. Cet élément rendra la distribution beaucoup plus facile dans les PRFI disposant d’installations de stockage frigorifique limitées.
  3. Facilité d’administration. Même dans les pays à revenu élevé, il existe de nombreux témoignages d’hôpitaux qui épuisent dangereusement leurs ressources en raison d’une augmentation agressive des infections. La capacité clinique limitée des PRFI signifie que la thérapeutique COVID-19 idéale permettrait une administration au patient à domicile au lieu d’une administration clinique. Le molnupiravir étant un médicament oral à longue conservation, il répondrait à ce besoin.

Améliorer la capacité de production

Certains craignent que les perturbations continues de la chaîne d’approvisionnement induites par le COVID-19 n’interfèrent avec la capacité de production mondiale de masse de molnupiravir si les perturbations entraînent des approvisionnements insuffisants en ingrédients de base nécessaires à la fabrication. Pour sa part, la Fondation Bill et Melinda Gates a promis 120 millions de dollars pour aider à assurer une distribution équitable du molnupiravir. Une partie de l’initiative consiste à financer la recherche pour examiner les méthodes de fabrication les plus efficaces et les plus rationalisées afin de maximiser la capacité de production du médicament. Ces efforts permettent d’espérer que les objectifs de capacité de production seront à la hauteur. Seul le temps nous le dira, mais pour beaucoup dans le monde en développement, le molnupiravir peut apporter un soulagement du COVID-19 avant les vaccins.

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