La conservation des requins atténue la pauvreté en Afrique de l’Ouest

La conservation des requins atténue la pauvreté
Au cours des 50 dernières années, les populations mondiales de requins et de raies ont diminué de plus de 70 %. La baisse est en grande partie due à la forte demande de soupe aux ailerons de requin et de produits médicinaux à base de requin. La chasse aux requins constitue une source majeure de revenus pour les populations du monde entier, en particulier dans des endroits comme l’Afrique de l’Ouest où la diminution des populations de poissons limite les autres possibilités de pêche. Cependant, la chasse aux requins constitue une menace pour l’homme et les écosystèmes aquatiques en provoquant des déséquilibres dans la chaîne alimentaire. La conservation des requins atténue la pauvreté en préservant les écosystèmes marins dont les gens dépendent pour leur nourriture, leurs médicaments et leurs revenus.

Impacts socio-économiques

Les produits à base de requins et de raies jouent un rôle important dans les économies ouest-africaines, en particulier lorsqu’il s’agit de commerce. Les pêcheurs tuent plus de 100 millions de requins chaque année. En Afrique de l’Ouest, les pêcheurs pratiquent généralement la chasse au requin parce que les populations de poissons commerciaux se raréfient. La disparition des requins perturbe davantage la chaîne alimentaire en limitant le nombre de prédateurs au sommet. En conséquence, les gros poissons consomment des poissons plus petits qui pourraient autrement être la cible des pêcheurs commerciaux.

Les produits à base de requins sont des alternatives chères et riches en protéines aux poissons traditionnels, mais la diminution des populations de requins a des implications écologiques plus importantes. À long terme, de nombreux écosystèmes ne pourront pas survivre sans requins, ce qui fera souffrir les communautés qui dépendent de ces écosystèmes. Par conséquent, la conservation des requins peut réduire la pauvreté en maintenant une chaîne d’approvisionnement alimentaire stable pour les communautés du monde entier.

Surveillance et gestion des requins locaux par rapport à la législation

Au Libéria, plus de 30 000 personnes dépendent de la pêche comme principale source de revenus. Le poisson représente également environ les deux tiers de la consommation de protéines animales du pays. Par conséquent, la préservation des écosystèmes aquatiques, en partie en protégeant les requins, est essentielle à l’économie et à la santé du Libéria. Les méthodes de conservation des requins comprennent la surveillance des requins et la gestion durable de la pêche.

L’Autorité nationale des pêches et de l’aquaculture a lancé une initiative en 2019 pour surveiller et collecter des données sur la pêche et les populations de requins au Libéria. Un engagement de 2014 que le Libéria a pris avec 12 autres pays d’Afrique de l’Ouest pour conserver les populations de requins et de raies a inspiré l’initiative. Selon un programme d’essai, les eaux libériennes abritent 19 espèces de requins qui relèvent toutes de la liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature. Les critiques de l’initiative craignent que la collecte de données ne suffise pas à préserver les populations de requins. Une action législative peut être nécessaire pour avoir un impact durable sur la conservation des requins.

Efforts récents dans la conservation des requins

Un groupe de représentants de 12 pays d’Afrique de l’Ouest a organisé un atelier au Sénégal en 2017 pour discuter de la mise en œuvre des réglementations du commerce international pour protéger les requins et les raies. L’inscription 2016 des espèces de requins menacées d’extinction de l’Annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) a inspiré l’atelier. Une inscription à l’Annexe II dicte que les produits de requins des espèces sélectionnées fassent l’objet d’un commerce légal et durable, sans endommager les populations de requins sauvages. Le gouvernement sénégalais a dirigé l’atelier aux côtés de Humane Society International et de The Pew Charitable Trusts. Des responsables de l’environnement, des experts et des pêcheurs ont également pris part à la conversation. À la suite de la 17e conférence de la CITES en septembre 2016, huit pays d’Afrique de l’Ouest ont coparrainé au moins une des propositions visant à protéger les requins et les raies.

La conservation pour sauver des vies

Les requins jouent un rôle vital dans les écosystèmes, les économies et les sociétés de l’Afrique de l’Ouest. La chasse au requin non durable peut perturber gravement la vie marine et les chaînes d’approvisionnement alimentaire, sur lesquelles les humains et les animaux dépendent pour survivre. La conservation des requins peut atténuer la pauvreté en préservant les écosystèmes aquatiques et les ressources naturelles qu’ils ont à offrir.

– Cléo Hudson
Photo : Pxfuel

*

★★★★★