Efforts contre la traite des êtres humains aux Seychelles

Traite des êtres humains aux Seychelles
Bien qu’elles soient fortement isolées au large des côtes africaines, les Seychelles sont sensibles aux problèmes de traite des êtres humains. Les cas documentés de trafic sexuel ainsi que de trafic de main-d’œuvre en témoignent. Le gouvernement fédéral a pris plusieurs mesures pour lutter contre la traite des êtres humains aux Seychelles, dont la plupart ont été documentées par le Département d’État américain.

La loi sur l’interdiction de la traite des personnes

La loi sur l’interdiction de la traite des personnes, adoptée le 25 avril 2014, prévoit « l’interdiction, la prévention et la lutte contre la traite des personnes ». Cette loi criminalise effectivement à la fois le trafic sexuel et le trafic de main-d’œuvre aux Seychelles.

Pour les infractions impliquant des victimes adultes, la peine est fixée à un maximum de 14 ans d’emprisonnement avec une amende pouvant atteindre 35 457 $. Pour les infractions impliquant des enfants, il y a une peine maximale de 25 ans d’emprisonnement et une amende pouvant aller jusqu’à 56 731 $. Des lois contradictoires au sein du code pénal ont créé des réglementations peu claires concernant l’âge du consentement. L’âge du consentement est de 15 ans, mais l’âge légal de la majorité est de 18 ans.

Le plan d’action national

En 2014, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a collaboré avec le gouvernement pour élaborer un plan d’action national contre la traite. Ce processus a impliqué le développement d’un mécanisme national d’orientation des victimes et l’établissement de procédures opérationnelles standard pour les cas de traite des êtres humains. Cependant, le gouvernement des Seychelles n’a pas mis en œuvre le plan à la fin de la période de référence 2021.

Les rapports indiquent qu’il y a eu trois cas de traite des êtres humains aux Seychelles au cours de la période de référence 2021. Deux cas concernaient respectivement le trafic de main-d’œuvre et le trafic sexuel, tandis qu’un était un exemple des deux. Onze trafiquants présumés ont été arrêtés au cours de la période de référence 2021. Douze poursuites contre des trafiquants d’êtres humains sont également en cours.

Le gouvernement a maintenu deux permanences téléphoniques avec la police, l’immigration et les services sociaux respectivement pour signaler divers crimes, y compris la traite. Le ministère de l’Emploi a également mis en place une ligne d’assistance téléphonique pour les préoccupations concernant le travail forcé.

En outre, le gouvernement a collaboré avec le Programme contre la criminalité transnationale organisée, le trafic illicite et le terrorisme (UNODC) pour aider à lutter contre la traite des êtres humains. Cet atelier a eu lieu le 6 juillet 2021 et visait à améliorer les efforts d’enquête et de poursuite des trafiquants d’êtres humains.

Johan Kruger, le chef de l’UNODC était présent à cet atelier. Tout en parlant de l’ampleur des problèmes de traite des êtres humains, Kruger a déclaré que « la lutte contre la traite des personnes et le trafic de migrants nécessite une approche multi-juridictionnelle et transnationale ».

Protection des victimes et des témoins

Ces dernières années, le gouvernement a amélioré ses efforts de protection des victimes de la traite des êtres humains. En 2021, il y a eu 14 victimes signalées de traite des êtres humains aux Seychelles (trafic de main-d’œuvre et trafic sexuel). Ces victimes étaient toutes des étrangers originaires d’Inde, du Népal et du Kenya. Les Seychelles ont également signalé que jusqu’à 80 hommes et femmes ont été victimes de traite sexuelle ou d’abus sexuels.

En 2017, le gouvernement et une organisation internationale non précisée ont rédigé de nouvelles réglementations pour la loi anti-traite de 2014. Ces réglementations visaient à fournir de nouvelles protections aux victimes de la traite aux Seychelles. À la fin de la période de référence 2021, cette législation n’a toujours pas été présentée à l’Assemblée nationale.

Le Child Law Reform Committee a également présenté une législation qui augmenterait la protection des victimes de la traite sexuelle et augmenterait la responsabilité des forces de l’ordre d’enquêter et de poursuivre les crimes sexuels contre les enfants.

De plus, jen 2019, le gouvernement a commencé à rédiger un projet de loi sur l’immigration qui exigerait des cartes de permis de travail pour tous les citoyens et travailleurs étrangers. L’intention est que ces cartes incluent des informations anti-traite ainsi que des informations de contact pour obtenir de l’aide. Ce projet de loi était en attente d’approbation par l’Assemblée nationale à la fin de la période de référence 2021.

Assistance aux victimes et sensibilisation

Plusieurs cas d’assistance aux victimes sont en cours aux Seychelles, en plus des efforts de sensibilisation à la traite des êtres humains. Ceux-ci inclus:

  • Le Comité national de coordination sur la traite des personnes (NCCTIP) s’est réuni six fois au cours de la période de référence 2021. Ce comité a vu le jour pour coordonner les efforts de lutte contre la traite dans l’ensemble du gouvernement et influencer les décisions politiques nationales. Le Comité a reçu 84 075 $ pour aider à l’aide aux victimes et à d’autres efforts de prévention.
  • Neuf victimes de la traite des êtres humains aux Seychelles ont reçu une aide pour leurs besoins de base ainsi qu’un abri. Le gouvernement a également fourni un abri aux ressortissants étrangers attendant de témoigner dans un procès pour traite des êtres humains.
  • La loi anti-traite de 2014 offrait aux victimes la possibilité de témoigner par télévision en circuit fermé pour atténuer les problèmes de sécurité. La loi autorise également l’aménagement de salles d’audience pour le confort mental des victimes de la traite des êtres humains.
  • Le ministère de l’Emploi a également inspecté 573 chantiers à la recherche d’éventuels indices de traite. Cependant, il n’a pas trouvé de victimes du travail ni d’indices de traite sur ces sites.
  • Un facteur limitant pour le ministère de l’Emploi était son absence de juridiction au sein de la zone de commerce international des Seychelles (SITZ). Cela a finalement nui à sa capacité à protéger les migrants et à signaler les problèmes de traite.
  • Le gouvernement a intensifié ses efforts pour informer le public des dangers de la traite des êtres humains aux Seychelles. Le gouvernement a distribué environ 1 500 brochures et dépliants sur le trafic de main-d’œuvre aux aéroports, aux ports maritimes, aux agences gouvernementales et aux employeurs de travailleurs migrants. Ces dépliants étaient disponibles en anglais et en français pour s’adapter aux divers groupes démographiques.

Dans l’ensemble et malgré une grande marge d’amélioration, les Seychelles ont fait des progrès en termes de traitement des problèmes de traite des êtres humains. Ces progrès doivent se poursuivre afin de servir les victimes de la traite des êtres humains ainsi que de punir les responsables.

–Max Cole
Photo : Flickr

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