Droits de pêche autochtones au Canada

Droits de pêche autochtones au Canada
Selon Statistique Canada, un recensement de 2021 a révélé que 1,8 million d’Autochtones résident au Canada, ce qui équivaut à 5 % de la population totale. Les Mi’kmaq sont une tribu des Premières nations, les premiers habitants de la Nouvelle-Écosse. Les Mi’kmaq ont toujours compté sur la pêche comme moyen de subsistance, cependant, plusieurs cas ont mis au premier plan les préoccupations concernant les droits de pêche des Autochtones au Canada.

Pauvreté dans les communautés autochtones

« Sur les 1,8 million d’Autochtones vivant au Canada en 2021, 18,8 % vivaient dans un ménage à faible revenu, tel que défini à l’aide de la mesure de faible revenu, après impôt, comparativement à 10,7 % de la population non autochtone », a déclaré Statistique Canada. . La pauvreté dans ces communautés est en partie un rappel historique. Selon les experts autochtones, Melisa Brittain et Cindy Blackstock, l’une des principales causes de la pauvreté au sein des communautés autochtones est l’effet de la colonisation — le « résultat direct de la dépossession des peuples autochtones de leurs terres et de leurs moyens de subsistance », l’Ontario Association of Children’s Aid Sociétés (OACAS) a déclaré. Brittain et Blackstock décrivent cela comme de la « pauvreté à dessein ».

La Loi sur les Indiens, qui a été adoptée en 1876, a rendu « difficile pour les peuples autochtones de participer à l’économie non autochtone ou de tirer profit d’activités comme l’agriculture » ​​et la pêche. La Loi sur les Indiens, qui visait à assimiler les autochtones aux colonisateurs, « a entraîné des traumatismes, des violations des droits de la personne et des bouleversements sociaux et culturels pour des générations d’Autochtones ».

La conséquence de la colonisation pour les communautés indigènes est la dépendance économique. Auparavant, les peuples autochtones finissaient par devoir quitter leurs terres riches en ressources, perturbant leurs moyens de subsistance et provoquant une dépendance économique toujours plus grande.

La marginalisation et la colonisation ont conduit à des conditions de pauvreté chez les Autochtones. Les peuples autochtones n’ont pas accès à l’éducation, à l’eau potable et à un logement convenable, entre autres problèmes. Un manque d’investissement et de financement dans ces communautés exacerbe la pauvreté.

La pêche comme moyen de subsistance

Pendant des milliers d’années avant la colonisation européenne et l’industrialisation qui l’a accompagnée, les populations autochtones se sont engagées dans des pratiques de pêche durables comme moyen de subsistance. Les Tsleil-Waututh, qui occupaient à l’origine la terre qui est aujourd’hui Vancouver moderne, utilisaient des pièges à déversoir pour capturer les saumons venant frayer. Ils l’ont fait de manière durable en relâchant toutes les femelles capturées. Un mâle peut s’accoupler avec jusqu’à 10 femelles, maintenant ainsi la population stable. Lors de la colonisation européenne, les colons ont démoli les barrages installés par les peuples autochtones.

En Nouvelle-Écosse, les Mi’kmaq prennent position contre la pauvreté historique en luttant pour les droits de pêche des Autochtones au Canada. Ce combat a d’abord commencé à la Cour suprême du Canada.

Affaires judiciaires sur les droits de pêche autochtones au Canada

  • R. c. Sparrow (1990). Dans une affaire citant les droits des Autochtones comme moyen de défense, la Cour suprême a débattu de la question de savoir si les peuples autochtones pouvaient ou non pêcher sur des terres que les Autochtones appellent traditionnellement les leurs. En fin de compte, Sparrow a prouvé que son peuple pêchait historiquement sur ces terres et que la pêche avait une importance culturelle. Pour ces raisons, le Canada a autorisé cette pêche. Mais Sparrow n’était qu’un pêcheur solitaire. Les tribunaux devaient encore déterminer si les peuples autochtones avaient le droit de se livrer à la pêche commerciale.
  • R. c. Van der Peet (1996). Les autorités ont accusé une femme autochtone d’avoir vendu du poisson à un non-autochtone. Elle prétendait que cela faisait partie de ses droits ancestraux. Cette affaire tourne autour de la question de la culture autochtone avant la colonisation. Si les communautés autochtones peuvent prouver que la vente commerciale de poisson est une pratique culturelle historique, elles pourraient poursuivre cette pratique. Sinon, les particuliers devraient obtenir l’autorisation du gouvernement canadien pour vendre du poisson à des fins commerciales.
  • R c. Marshall (1999). Les autorités ont arrêté Marshall, un Mi’kmaq, pour avoir vendu 210 kilogrammes d’anguilles sans permis. La décision finale de la Cour suprême a accordé aux peuples autochtones le droit de pêcher et de vendre commercialement pour gagner leur vie de manière « modérée ». Les diamètres d’un moyen de subsistance modéré sont, deux décennies plus tard, toujours contestés, ouvrant effectivement la porte à une pêche commerciale plus substantielle pour les communautés autochtones, ou du moins ne la fermant pas. Le pêcheur doit réussir le test décrit dans Van der Peet. À la suite de R c. Marshall, les peuples Mi’kmaq de la Nouvelle-Écosse ont commencé à pêcher le homard, ce qui a donné lieu à la soi-disant « guerre du homard » en Nouvelle-Écosse.

La guerre du homard

En 2000, après l’affaire Marshall, les Mi’kmaq ont commencé à poser des casiers pour pêcher le homard afin de « gagner leur vie convenablement grâce à la pêche et à la chasse », comme c’est leur droit. Des séquences vidéo ont montré une éruption de violence après qu’un bateau de patrouille du ministère des Pêches et des Océans a percuté des bateaux de pêche autochtones Mi’kmaq.

Cependant, 22 ans plus tard, la guerre continue. Les Mi’kmaq font face à « des actes d’intimidation, d’intimidation, de menaces et d’actes de violence de la part de pêcheurs non autochtones », a rapporté Sierra Magazine. Les pêcheurs non autochtones citent des préoccupations concernant les pratiques de pêche non durables de la part des peuples autochtones, mais il n’y a aucune preuve pour le prouver.

Une victoire

En 2020, les Mi’kmaq de la Nouvelle-Écosse ont annoncé une victoire qui combattra les effets durables de la colonisation et la pauvreté qu’elle a imposée aux peuples autochtones. Les communautés mi’kmaq ont acheté l’entreprise néo-écossaise Clearwater Seafoods, en partenariat avec Premium Brands Holdings Corporation, pour 1 milliard de dollars canadiens. Il s’agit du «plus gros investissement dans l’industrie des produits de la mer par un groupe autochtone au Canada», a rapporté le Guardian.

L’acquisition ouvre des portes d’opportunités pour ces communautés, à un pas de la législation coloniale punitive, en leur donnant un « siège à la table » et en s’éloignant de la « pauvreté à dessein ». Le conflit en Nouvelle-Écosse représente un problème de gouvernance plus profond. Dans un article d’octobre 2020 publié par The Conversation, des chercheurs Lucie Fanning et Shelley Denny a suggéré «développer un mécanisme par lequel les Mi’kmaq peuvent légitimement contribuer à la gouvernance des pêches en tant qu’ensemble intégré. Les pêcheries autochtones canadiennes se battent pour le progrès afin de subvenir à leurs besoins, de gagner leur vie modestement et d’avoir la possibilité de se sortir de la pauvreté à dessein, injustement introduite à une époque révolue.

–William Fletcher
Photo : Flickr

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