Des sociétés civiles fortes pour lutter contre la pauvreté en Afrique

Sociétés civiles
Le 8 août 2022, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a entamé sa tournée des pays d’Afrique pour renforcer les liens américains avec les pays africains. L’objectif principal de la tournée est de mettre en évidence les avantages d’une relation avec les États-Unis, qui promeut des sociétés civiles fortes pour lutter contre la pauvreté en Afrique sur la base de valeurs démocratiques. Cela contraste avec le fait d’avoir la Chine comme principal allié, ce qui, selon les responsables américains, attire les pays dans un piège de la dette qui entrave le progrès économique. De plus, une relation avec un pays démocratique comme les États-Unis permet aux pays africains, qui ont une sombre histoire d’impérialisme, d’améliorer leur économie et de responsabiliser leur propre peuple sans se sentir contrôlés.

Pauvreté en Afrique

Ces dernières années, les pays africains ont connu des troubles sous la forme de corruption, de coups d’État et d’autoritarisme, qui les ont tous empêchés de réaliser des progrès sociaux, économiques et politiques susceptibles de réduire la pauvreté. Par exemple, selon la Banque mondiale, le taux de pauvreté du Mali en 2020 était de 41,9 %, la dernière estimation de la pauvreté du pays. Cependant, les citoyens des pays africains ont démontré leur volonté d’atteindre des objectifs ambitieux de réduction de la pauvreté grâce à des sociétés civiles autonomes mais fragiles.

Les habitants de ces pays africains sont passionnés par l’amélioration de leur pays et s’éloignent de leur passé colonial. Le voyage du secrétaire Blinken dans les pays africains a illustré le désir des pays africains d’aider leur propre peuple à vivre une vie meilleure sans qu’une grande puissance comme les États-Unis ou la Chine ne les dicte. En d’autres termes, les pays africains estiment que la lutte contre la pauvreté nécessite une société civile dynamique, dotée de valeurs démocratiques.

L’assistance économique démocratique améliore des vies

Le développement économique est l’objectif le plus important pour les pays africains compte tenu des luttes quotidiennes de leurs propres citoyens. Ainsi, il n’est pas surprenant que les pays africains apprécient l’aide économique des pays développés. Cependant, les termes et conditions de l’aide économique que les pays développés accordent varient. Selon le Council on Foreign Relationships (CFR), l’aide économique chinoise « sans l’examen moral et les conditionnalités rigoureuses associées à l’aide américaine ». Cela ouvre la porte à des pratiques de corruption telles que les pièges de la dette qui blessent le citoyen moyen en Afrique.

Les États-Unis ne « dirigent pas les fonds publics vers les routes et autres projets » qui pourraient rendre les pays vulnérables à la dette, a rapporté le Washington Post. L’aide économique américaine encourage des sociétés civiles fortes à lutter contre la pauvreté en Afrique.

La sécurité d’un allié démocrate contre autocratique

Des pays africains comme le Soudan et le Mali ont connu des violences qui ont entraîné la mort de civils innocents. C’est pourquoi les pays africains recherchent en permanence une assistance en matière de sécurité auprès de grands pays tels que les États-Unis ou la Russie. Cependant, les pays définissent la sécurité différemment les uns des autres compte tenu de la manière dont ils la mettent en œuvre au niveau national.

Par exemple, la Russie assure la sécurité par le biais du groupe Wagner, un groupe privé qui déploie des mercenaires qui enhardissent les autocrates répressifs en échange de « minéraux précieux comme l’or ». En conséquence, le groupe Wagner a commis des « assassinats de civils » et lancé des « campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux » qui ont provoqué l’instabilité.

D’autre part, tout au long de la tournée du secrétaire Blinken en Afrique, la Maison Blanche a souligné « les contributions et le leadership africains » dans la résolution des problèmes de sécurité, ouvrant la voie à des sociétés civiles fortes pour lutter contre la pauvreté en Afrique.

Assistance à la Gouvernance

Certains pays africains ont connu des coups d’État turbulents qui ont provoqué l’instabilité. Ainsi, des pays comme la Libye demandent souvent l’aide à la gouvernance d’autres pays pour la stabilité. La question de la gouvernance en Afrique est cependant délicate, les citoyens de la région souhaitant choisir leur propre gouvernement sans que les grandes puissances ne leur dictent comment ils doivent gouverner. Selon le New York Times, la Russie, par le biais du groupe Wagner, « soutient les autocrates », comme le général Mohamed Hamdan du Soudan, en échange d’argent et de minerais qui appartiennent aux citoyens.

Selon la Maison Blanche, l’approche américaine pour aider les pays africains à gouverner consiste à «soutenir la société civile» et à «centrer les voix des femmes et des jeunes» dans la détermination de la politique de leur pays. Ainsi, une gouvernance plus démocratique pourrait permettre à des sociétés civiles fortes de lutter plus facilement contre la pauvreté en Afrique.

Les États-Unis sont loin d’être parfaits en termes de politique étrangère et d’aide aux pays en développement. Cependant, les Africains pourraient enfin avoir la chance de reconstruire leur pays et de prendre le contrôle de leur avenir après de nombreuses décennies de colonialisme suivies de troubles après l’indépendance. La politique américaine favorise les sociétés civiles qui sont la clé de la réduction de la pauvreté, de l’autonomisation des femmes et de l’amélioration de la qualité de vie. La tournée du secrétaire Blinken a rappelé au monde que « la plupart des Africains restent attirés par les valeurs occidentales » et « l’attrait du modèle économique américain », a rapporté le Washington Post.

– Abdullah Dowaihy
Photo : Flickr

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