Crise alimentaire au Sri Lanka

Crise alimentaire au Sri Lanka
L’inflation record et la flambée des prix du carburant déclenchent une crise alimentaire au Sri Lanka. La flambée des prix laisse plus de 6 millions de Sri Lankais dans l’insécurité alimentaire. Parce que les gens ne savent pas quand sera leur prochain repas, ils réduisent leur apport alimentaire et cela se traduit par une mauvaise nutrition. La santé des femmes enceintes et des enfants sri-lankais est particulièrement menacée en raison d’un manque d’alimentation de qualité.

Spécificités de la crise alimentaire au Sri Lanka

Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), environ trois ménages sur 10 (près de 6,26 millions de Sri Lankais) ne savent pas d’où proviendra leur prochaine nourriture. Plus de 60% des ménages ont recours au rationnement de leur nourriture et ne se nourrissent pas suffisamment. Comme l’a dit une femme sri-lankaise : « Ces jours-ci, nous n’avons pas de vrai repas, mais nous ne mangeons que du riz et de la sauce. » En juin 2022, la directrice régionale adjointe du PAM pour l’Asie et le Pacifique, Anthea Webb, expliquait : « Les mères enceintes doivent manger des repas nutritifs tous les jours, mais les plus pauvres ont de plus en plus de mal à s’offrir les produits de base.

À un taux étonnant de 57,4 % d’inflation, la hausse des prix alimentaires a fait que deux ménages sur cinq vivent sans nourriture suffisante pour subvenir aux besoins de leur famille. Dans le « secteur des domaines agricoles » qui comprend les plantations de thé et autres « domaines » similaires, plus de la moitié des ménages vivent en insécurité alimentaire. Ces ménages sont moins bien lotis que les populations urbaines et les autres habitants des zones rurales. Les ménages ruraux et urbains épuisent leurs économies ou utilisent le crédit pour acheter des produits de première nécessité. « Les familles pauvres des villes et celles qui travaillent dans les plantations ont vu leurs revenus chuter alors que les prix du marché ont grimpé en flèche », a commenté un porte-parole du PAM.

Histoires de luttes familiales

On peut peut-être mieux comprendre la crise alimentaire du Sri Lanka en entendant parler des luttes familiales. Chandrika Manel, mère de quatre enfants, exprime à quel point la situation est cruciale lorsqu’elle déclare : « même acheter du pain est un combat. Il y a des moments où je [give them] du lait et du riz, mais nous ne cuisinons aucun légume. Ils sont trop chers. Sahna, une femme enceinte de 34 ans qui a trois enfants et doit accoucher en septembre, est inquiète pour l’avenir et déclare : « Mes enfants sont misérables. Ils souffrent de toutes les manières possibles. Je n’ai même pas les moyens d’acheter un paquet de biscuits ou de lait pour mes bébés. La malnutrition aiguë pourrait augmenter considérablement de 13 % à 20 %. En outre, les 35 000 enfants malnutris actuels pourraient doubler selon le Dr Renuka Jayatissa, président de l’Association de nutrition médicale du Sri Lanka.

L’ONU met en garde contre une crise humanitaire

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) lance un appel pour des fonds importants afin d’endiguer une crise humanitaire. L’UNICEF a découvert que l’épuisement du gaz et des fournitures médicales a forcé 70 % des familles sri-lankaises à réduire leur consommation alimentaire en 2022. « Nous essayons d’éviter une crise humanitaire. Nous n’en sommes pas encore aux enfants qui meurent, ce qui est bien, mais nous avons besoin d’obtenir de l’aide de toute urgence pour éviter cela », a déclaré Christian Skoog, représentant de l’UNICEF au Sri Lanka.

Du côté positif, l’UNICEF a noté un sentiment de solidarité et de communauté parmi les Sri Lankais. Par exemple, le pasteur Moses Akash a lancé une cuisine communautaire il y a un mois après avoir rencontré une mère célibataire qui a survécu grâce au jacquier pendant trois jours. Akash rencontre des personnes qui n’ont pas pris de repas depuis quatre mois et pense que le nombre de personnes faisant la queue pour de la nourriture passera de 50 à 250 par jour en raison de l’augmentation pouvant atteindre 80 % des prix des denrées alimentaires en juin.

Le PAM prend les devants dans la lutte contre la crise alimentaire au Sri Lanka

Pour faire face à la crise alimentaire du Sri Lanka, les organisations humanitaires prennent les devants. Le PAM a lancé un fonds de secours d’urgence de 60 millions de dollars pour l’alimentation et la nutrition afin d’aider 3 millions de personnes dans des secteurs vulnérables comme les femmes et les enfants. Chaque mois, le PAM donne des bons de repas de 40 dollars aux femmes enceintes dans les zones pauvres. Le PAM collabore également avec les gouvernements locaux qui fournissent des soins prénatals. Jusqu’à présent, l’organisation a fourni 88% des 2 375 bons pour aider 3 millions de personnes avec de la nourriture, des moyens de subsistance et des repas scolaires. À l’encontre de ce soutien, 61 % des ménages sri-lankais utilisent l’approche consistant à réduire la quantité de nourriture consommée et à obtenir plus de nourriture avec moins de nutrition. Malheureusement, l’agence d’aide alimentaire s’attend à ce qu’environ 200 000 familles utilisent cette approche alors que la crise se poursuit.

Les États-Unis annoncent une aide supplémentaire de 20 millions de dollars pour la sécurité alimentaire du Sri Lanka

Le 5 juillet 2022, lors du sommet du G7 en Allemagne, le président américain Joe Biden a annoncé que les États-Unis s’engageaient à fournir une aide supplémentaire de 20 millions de dollars au Sri Lanka pour nourrir plus de 800 000 enfants et 27 000 femmes enceintes au cours des 15 prochains mois. La subvention de secours encourage une bonne nutrition scolaire pour les élèves et comprend des tickets-repas pour les femmes enceintes. Le plan soutient également 30 000 agriculteurs pour améliorer la culture dans les communautés pauvres qui vivent dans l’endettement. L’ambassadrice des États-Unis au Sri Lanka, Julie Chung, a souligné que les États-Unis se consacrent à la sécurité alimentaire, à la santé publique et à la promotion de la stabilité économique pour le peuple sri-lankais. Elle a commenté : « Cette aide permettra de nourrir les enfants sri-lankais, de lutter contre l’insécurité alimentaire et de démontrer notre engagement durable envers la santé et le bien-être du peuple sri-lankais ».

Malgré le catapultage de l’inflation qui peut menacer la santé des enfants et des femmes enceintes, les organisations humanitaires, dont le Programme alimentaire mondial et les Nations Unies, montrent la voie pour éviter une crise humanitaire. La réponse des États-Unis à la crise alimentaire au Sri Lanka améliore également les chances d’éviter une grave crise humanitaire.

– Jacara Watkins
Photo : Flickr

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