Créer de l’harmonie sociale grâce aux cantines scolaires

Harmonie sociale
En République démocratique du Congo (RDC), un programme de cantine scolaire vise à créer l’inclusion sociale et l’harmonie. Il cherche à aborder les problèmes d’une manière unique : en se connectant aux étudiants et au système éducatif.

À propos du programme de cantine scolaire

A Lekoumou, située en République du Congo, l’école Makoubi regroupe des enfants autochtones et bantous. Les enfants autochtones représentent près d’un tiers de la population scolaire.

La population autochtone a historiquement connu la marginalisation et a du mal à exercer ses droits, dont l’accès à l’éducation. Plus de 65% des enfants autochtones ne vont pas à l’école. Le programme de cantine scolaire, lancé par le Programme alimentaire mondial, s’efforce de lutter contre cela. Le programme fait partie de l’initiative du Fonds SDG, qui vise à améliorer l’accès de la communauté autochtone aux programmes de protection sociale à Lekoumou.

Comment ça fonctionne

Pendant la journée scolaire, 313 enfants bantous et autochtones s’assoient et partagent un repas chaud. Les parents ou le plus souvent les mères des enfants, préparent les repas. Les femmes autochtones, souvent victimes de préjugés, rencontrent quotidiennement les femmes bantoues pour préparer les repas.

En travaillant ensemble, ces parents contribuent à une harmonie sociale croissante. « Le renforcement de la participation et de l’inclusion des peuples autochtones dans les systèmes alimentaires du Congo est une étape clé pour permettre aux gens d’avoir un accès égal et équitable à une nourriture adéquate, nutritive et diversifiée. Non seulement cela, mais ces repas permettent également aux enfants de rester concentrés et de préparer leur avenir.

L’importance de cet effort

Avant la promulgation du programme, les tensions entre les communautés autochtones et bantoues ont créé des conflits. Notamment, il y a encore du chemin à parcourir pour parvenir à une meilleure harmonie sociale, mais les choses s’améliorent. En parlant avec le PAM, Georgette, l’une des cuisinières indigènes, a déclaré : « Avant, les Bantous refusaient de manger des repas cuisinés par les indigènes parce qu’ils étaient considérés comme sales. Maintenant, ils le font. Et même en dehors de l’école, ça va mieux.

Elle a également remarqué que sans le programme, les enfants manquaient l’école. Ces repas ont motivé les enfants à aller à l’école. Pour les enfants indigènes, rester à l’école est encore plus important. En raison de leur accès plus limité aux services sociaux de base, les enfants autochtones ont souvent plus de mal à échapper à la pauvreté.

Réduire la pauvreté

Le programme de cantine scolaire nourrit 313 enfants à Lekoumou, indigènes comme bantous, et favorise l’harmonie sociale. Cependant, ce n’est pas tout ce que le programme fait. En 2019, la malnutrition chronique touchait 21 % des enfants en République du Congo. En fournissant des repas fraîchement préparés, le programme offre à de nombreux enfants des repas qu’ils n’auraient peut-être pas reçus autrement.

L’insécurité alimentaire affecte les progrès scolaires d’un enfant de plusieurs manières. Les enfants souffrant d’insécurité alimentaire sont plus susceptibles de souffrir d’hyperactivité, d’absentéisme, d’un comportement généralement médiocre et d’un mauvais fonctionnement scolaire. Ces enfants sont également plus susceptibles d’avoir besoin de services d’éducation spéciale, qui peuvent coûter deux fois plus cher qu’un enfant qui n’a pas besoin de tels services.

L’éducation a des liens directs avec la pauvreté dans le sens où avoir une éducation donne aux gens une meilleure chance d’échapper à la pauvreté. Offrir des repas aux enfants les rend en meilleure santé, plus impliqués socialement et plus engagés. Le PAM le reconnaît et continue de le faire tout en comblant le fossé entre deux communautés en même temps.

– Ariel Dowdy
Photo : Flickr

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