Combattre la crise de santé mentale en Guyane

La crise de la santé mentale en Guyane
La crise de santé mentale en Guyane sévit dans le pays depuis des décennies. En 2015, la Guyane avait un taux de suicide de 44,2 pour 100 000 habitants. Ce chiffre était bien supérieur à la moyenne mondiale de 16 suicides pour 100 000 habitants. C’est le cas de la Guyane depuis des décennies. Un manque de recours en santé mentale au sein du pays a perpétué ce cycle de mauvaise santé mentale et de suicide. Beaucoup ont reconnu que ce phénomène dangereux nécessite une attention particulière.

Santé mentale et suicide en Guyane

La Guyane se classe régulièrement parmi les plus élevées au monde pour les taux de suicide. Les taux de suicide dans le monde ont diminué, mais les Amériques restent une anomalie dans la tendance. Depuis le début du 21e siècle, la Guyane a ouvert la voie en matière d’augmentation des taux de suicide dans les Amériques. La Guyane a les taux de suicide les plus élevés des Amériques, mais ce statut malheureux se produit plus souvent chez certains groupes au sein de la Guyane que chez d’autres.

La Guyane est une nation extrêmement diversifiée sur le plan ethnique et naturel. Les deux plus grandes ethnies de Guyane sont ses populations indo-guyanaises et afro-guyanaises. Environ 40% de la population guyanaise est indo-guyanaise et 29% est afro-guyanaise. Les autres ethnies comprennent les populations chinoises, autochtones et mixtes.

Bien que les Indo-Guyanais représentent moins de la moitié de la population guyanienne, ils représentent 80% des suicides enregistrés. La majorité de ceux qui se suicident dans le pays ont entre 15 et 34 ans. Les hommes sont également quatre fois plus susceptibles de se suicider en Guyane que les femmes. Cela signifie que les jeunes hommes indo-guyanais sont plus vulnérables au suicide que les autres groupes démographiques du pays.

Les suicides en Guyane sont également inégaux dans leur occurrence à travers le pays. Environ 70% des suicides en Guyane se produisent dans les régions rurales du pays. Ce sont généralement des zones rurales extrêmement pauvres où les emplois agricoles à faible revenu sont le mode d’emploi prédominant pour les hommes. Les femmes de ces régions sont généralement des mères au foyer. Des études ont commencé à montrer que les modes de vie ruraux ont eu un impact massif sur la suicidalité en Guyane.

Identification des causes profondes

Les conditions que les habitants ruraux indo-guyanais ont connues ont largement façonné la crise de santé mentale en Guyane. Ces régions rurales sont généralement dépourvues de tout établissement ou service de santé mentale. De nombreux résidents se tournent vers des substances telles que l’alcool pour faire face. L’alcool est relativement facilement disponible et une culture de la consommation s’est donc développée dans ces régions. Certaines recherches ont suggéré que l’alcoolisme est un facteur majeur de suicide.

L’accès aux produits agricoles dans les régions rurales de la Guyane signifie que de nombreux habitants utilisent ces produits pour s’empoisonner. La consommation de pesticides est la méthode de suicide la plus courante chez les résidents ruraux de la Guyane. Cela évoquait des restrictions sur l’achat de ces pesticides. L’efficacité et la faisabilité de ces restrictions ont récemment été remises en question.

Interventions et aide extérieure

La gravité de la crise de santé mentale en Guyane a créé un sentiment d’urgence. De nombreuses entités différentes ont répondu à cet appel à l’action. Depuis 2022, le gouvernement guyanais discute des perspectives de dépénalisation des tentatives de suicide. Cela peut donner aux personnes suicidaires plus de confiance pour demander de l’aide.

L’Université De Montfort s’est lancée dans un projet de recherche pour lutter contre la crise de santé mentale en Guyane. Une équipe de chercheurs, dont la Dre Tania Hart, travaille avec les communautés rurales pour accroître la résilience en matière de santé mentale. Les participants de la communauté ont reçu des ressources sur le bien-être mental et des moyens d’exprimer leur mécontentement mental.

Les États-Unis ont fourni diverses formes d’assistance au Guyana. La santé est le seul domaine que l’aide américaine sous-desserve. Le financement et l’intervention des États-Unis ont financé des initiatives pour lutter contre des choses telles que le VIH / SIDA et le trafic de drogue ainsi que des projets d’engagement des jeunes. Le Fonds d’innovation des Amériques est l’une de ces initiatives qui met particulièrement l’accent sur l’accès à une éducation de qualité. Compte tenu du succès des précédentes initiatives américaines en Guyane, il y a un grand espoir pour les perspectives de financement de la santé mentale.

Un avenir meilleur

La crise de la santé mentale en Guyane commence à attirer une collaboration internationale. La Guyana Foundation a commencé à nouer des partenariats avec des organisations internationales et des ONG. Ceux des États-Unis et du Canada ont fait l’objet de cette campagne de sensibilisation pour obtenir de l’aide. Les établissements de santé mentale et les programmes d’intervention en cas de suicide sont les principaux bénéficiaires des fonds de l’initiative. Avec l’aide d’agences américaines, la Guyane pourrait vaincre sa crise de la santé mentale et du suicide de la même manière qu’elle s’est attaquée au VIH/sida et à son trafic de drogue.

Bryce Mathurin Lindsay
Photo : Flickr

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