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Améliorer le traitement de la santé mentale au Maroc

Santé mentale au Maroc
Un décret royal vieux de 60 ans dicte en grande partie la santé mentale au Maroc, mais le gouvernement et les institutions extérieures se sont efforcés de remédier à ce décret dépassé au cours des dernières décennies. Un Dahir, ou décret du roi, est apparu en 1959, qui détermine le programme de santé mentale du Maroc, les droits des patients et d’autres aspects. En raison de l'insuffisance de la loi, le ministère de la Santé a travaillé et travaille toujours sur une nouvelle loi concernant le traitement de la santé mentale au Maroc.

La situation actuelle de la santé mentale au Maroc

En 2009, le gouvernement a publié un profil de santé mentale de la population générale du pays. Le rapport du gouvernement sur la santé mentale dans le pays a utilisé un échantillon aléatoire de la population. Les chercheurs ont interrogé près de 5 500 personnes et plus de 40% des personnes interrogées avaient un trouble mental actif.

Les troubles de santé mentale sont plus fréquents chez les femmes, les divorcées, les chômeurs et les personnes vivant en milieu urbain. Des données plus récentes sur la santé mentale au Maroc ajoutent du crédit à ces résultats plus anciens.

Une étude de 2019 dans les Annals of General Psychiatry a souligné qu'un enfant sur cinq au Maroc souffrait d'insomnie, de dépression ou d'anxiété. La moitié des problèmes de santé mentale chez les enfants marocains ont commencé à l’âge de 14 ans. Le Ministère marocain de la santé a publié que près de la moitié de tous les adolescents étudiés souffraient de troubles mentaux. Les adolescents marocains représentent près de 9% de la population totale du pays. Des institutions extérieures comme la Banque mondiale déclarent que les femmes et les jeunes ont besoin d'une attention particulière. La Banque mondiale a décrit la relation importante entre l'éducation, la productivité du travail, les soins familiaux et la santé mentale.

Solutions

Le gouvernement marocain et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'attaquent aux problèmes de santé mentale avec trois objectifs majeurs; rédiger une nouvelle législation sur la santé mentale, construire plus d'hôpitaux et augmenter la main-d'œuvre psychiatrique. La «Stratégie de coopération avec les pays pour 2017-2021» de l’OMS se concentre sur l’ensemble du système de soins de santé au Maroc. Cependant, l'examen législatif porte spécifiquement sur la santé mentale au Maroc.

S'attaquer au dahir de 1959

Le gouvernement a adopté un projet de loi en 2015 traitant de la nature obsolète du dahir de 1959. La loi a vu le jour pour protéger les droits des personnes atteintes de troubles mentaux. Après examen minutieux par les professionnels de la santé au Maroc, le gouvernement a annoncé que la loi serait réexaminée en consultation avec la Société marocaine de psychiatrie ou d'autres leaders dans le domaine de la santé mentale. Le projet de loi est actuellement encore en cours de révision.

Construire plus d'hôpitaux psychiatriques

L’infrastructure de santé mentale du Maroc est actuellement en train de se développer. Le gouvernement construit des hôpitaux psychiatriques, dont l'un a déjà commencé la construction. Ces hôpitaux font partie d'une plus grande initiative visant à accroître l'accès régional aux soins de santé. En fait, une clinique psychiatrique a terminé sa construction fin 2020. Toutes ces créations d'infrastructures de santé font partie d'une coopérative entre l'OMS et le Maroc.

Augmenter la main-d'œuvre en santé mentale

L'OMS a indiqué que le ratio de psychiatres était de 0,4 pour 100 000 en 2005. Cependant, en 2017, ce ratio était de 0,84, ce qui signifie qu'il a doublé en 12 ans. Les chiffres de l’OMS montrent une augmentation régulière de cette main-d’œuvre. Une étude de cas sur les zones sous-financées au Maroc a proposé la thérapie par les pairs comme solution au manque de médecins en santé mentale disponibles.

Une étude de cas de 2017 au Maroc donne de l'espoir aux zones sous-financées. Soixante personnes âgées de 18 à 33 ans ont participé à un programme de réadaptation. Les chercheurs ont constaté que les séances avaient été couronnées de succès. Ils croient que la thérapie par les pairs peut compenser le manque de main-d'œuvre disponible.

Alors que le traitement de la santé mentale au Maroc a présenté certains défis, le pays s'emploie à améliorer la situation. Grâce à la mise en place de nouveaux hôpitaux et cliniques ainsi qu’à la thérapie par les pairs, l’accès aux soins de santé mentale devrait s’améliorer pour les résidents marocains.

– Jacob Richard Bergeron
Photo: Flickr

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