Aide étrangère à la Syrie (République arabe syrienne)

Aide étrangère à la Syrie
La Syrie, un pays autrefois une destination connue pour ses paysages à couper le souffle et sa riche culture, reste dévastée par une guerre civile de plus d’une décennie. La guerre civile syrienne, qui a commencé comme un soulèvement pacifique en 2011, a fait environ un demi-million de morts en 2022. Le conflit se produit entre le gouvernement syrien, des groupes rebelles, l’État islamique (EI) et des pays étrangers – certains de ce côté avec le gouvernement et d’autres qui se rangent du côté des groupes rebelles. Malheureusement, plus de 11 ans de combats intenses ont fait des ravages sur les quelque 17,5 millions de personnes qui vivent aujourd’hui en Syrie. De nombreuses organisations internationales se sont engagées à fournir une aide étrangère à la Syrie car la grande majorité des Syriens ont besoin d’une aide étrangère pour leur survie. Fondamentalement, la violence et la destruction à l’intérieur du pays affectent le plus durement les pauvres.

Le besoin d’aide

Selon un rapport de mars 2022 fourni par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) des Nations Unies (ONU), aujourd’hui, environ 90 % des Syriens vivent dans la pauvreté et plus de 80 % souffrent d’insécurité alimentaire. L’accès à la sécurité alimentaire, à l’assainissement et aux soins de santé est devenu un problème majeur à la suite de la guerre civile. L’aide étrangère à la Syrie vise à lutter contre bon nombre de ces problèmes.

Selon l’USAID, environ 75 % des Syriens ont aujourd’hui spécifiquement besoin d’aide humanitaire étrangère. L’aide peut prendre la forme de vivres, de fournitures médicales ou d’autres produits de base. L’ONU suggère que l’aide transfrontalière, qui comprend l’aide aux personnes pour traverser la frontière et le transport de l’aide directement dans le pays, doit rester active. Fin mai 2022, la Commission syrienne des Nations unies a appelé le Conseil de sécurité à veiller à ce que la frontière reste ouverte afin que les organisations puissent fournir l’aide nécessaire.

Actuellement, il n’y a qu’un seul passage frontalier autorisé en Syrie, connu sous le nom de Bab al-Hawa, entre le nord-ouest de la Syrie et la Turquie. L’aide étrangère exige que ce point de passage soit ouvert pour que les biens et les services puissent atteindre le pays. De plus, l’ONU estime que près de 15 millions de personnes à travers le pays dépendent de l’aide étrangère. Dans certaines parties du pays, le nombre de personnes recevant de l’aide peut être encore plus élevé, en particulier dans les régions les plus en proie à des conflits.

Parmi les nombreuses formes sous lesquelles l’aide peut venir, la nourriture et les soins de santé sont les plus typiques et les plus vitaux. Les prix alimentaires augmentent tandis que la disponibilité alimentaire diminue. L’aide étrangère peut être partiellement utile pour apporter des vivres aux personnes qui n’ont pas un accès adéquat à la nourriture ou qui ne peuvent pas se le permettre.

Fournisseurs d’aide

Les plus grands fournisseurs d’aide étrangère à la Syrie sont la Commission européenne, qui fait partie de l’Union européenne (UE), qui a fourni plus de 140 millions de dollars jusqu’à présent en 2022, et les États-Unis, qui ont donné près de 15 milliards de dollars de 2012 à 2022. En outre, les Nations Unies jouent un rôle important dans l’acheminement de l’aide à la Syrie. La branche de l’aide alimentaire de l’ONU, le Programme alimentaire mondial (PAM), estime que 5,6 millions de Syriens reçoivent une aide mensuelle du PAM. Le processus d’apport d’aide étrangère à la Syrie est un effort mondial, mais les défis restent importants.

Défis

La protection civile et les opérations d’aide humanitaire européennes de l’UE ont déclaré que les attaques civiles et les attaques contre les hôpitaux contrecarraient les efforts d’aide internationale. L’accès limité au pays, combiné à des conditions précaires et violentes une fois à l’intérieur, présente des défis pour le transport de l’aide. Les problèmes généralisés et persistants auxquels le peuple syrien est confronté, y compris les déplacements récurrents, rendent l’aide étrangère encore plus difficile à faire circuler. Un autre défi est que la violence et les troubles dans d’autres parties du monde, comme en Ukraine en ce moment, placent la Syrie dans un rôle un peu moins visible sur la scène internationale. En particulier, une pénurie de produits, tels que le pétrole et le blé en provenance d’Ukraine, a provoqué des perturbations dans les programmes d’aide syriens.

Avancer

L’exception actuelle, qui permet à l’aide de traverser la frontière de Bab al-Hawa dans le nord-ouest de la Syrie, la dernière frontière ouverte vers la Syrie, doit expirer le 10 juillet 2022. Cette ouverture de la frontière est le résultat d’une rare exception politique que l’ONU Conseil de sécurité émis en 2014, qui contredisait la volonté du gouvernement syrien de ne pas avoir d’ingérence étrangère en Syrie. La résolution du Conseil de sécurité exigeait que la frontière de Bab al-Hawa reste ouverte, ce qui a apporté l’aide nécessaire à la Syrie au cours des huit dernières années.

De nombreuses organisations internationales, dont l’ONU et l’UE, estiment que ce canal est nécessaire pour que l’aide parvienne en Syrie. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit voter pour prolonger l’exception avant la date limite de juillet afin de garantir que l’aide puisse parvenir aux Syriens dans le besoin. Ceux qui suivent l’aide étrangère à la Syrie espèrent que, si la résolution est prolongée, la frontière continuera à fonctionner au statu quo et l’aide continuera à traverser la frontière nord-ouest.

– Lara Drinan
Photo : Flickr

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